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Les séances débuteront par les projections des films suivies de débats entre les invités. Elles se clôtureront par un cocktail.




L’IMAGINAIRE DE LA BANLIEUE, ESPACES ET IDENTITÉS

Céline Sciamma / Kenny Cupers

Vendredi 10 mai 2019
20 heures, Pavillon de l’Arsenal, Paris 4
Bande de filles, Céline Sciamma, 2014



Extrait du film Bande de filles, Céline Sciamma, 2014 © PYRAMIDE FILMS


D’Éric Rohmer à Céline Sciamma, de nombreux cinéastes se sont tournés vers la périphérie parisienne, suscitant fantasme, peur et fascination. Parfois décrite comme “stylistique”, Céline Sciamma représente dans son film Bande de filles , une nouvelle image de la banlieue où s’entremêle recherche de soi et quête d’émancipation au coeur de la Cité de la Noue à Bagnolet. Inscrite dans le répertoire des Zones Urbaines Sensibles (ZUS), ce territoire possède une histoire complexe, entre idéologie sociale, extension urbaine, ambition politique et économique. C’est ce processus méthodologique de forces décisionnelles que retrace Kenny Cupers, architecte et historien, dans son livre La banlieue, un projet social. Ambition d’une politique urbaine 1945-1975.

Alors que ces territoires ont été pensés par des politiques urbaines liées aux difficultés de leurs époques, elles se confrontent aujourd’hui aux nouveaux enjeux urbains d’impact territorial et de ségrégation sociale. Appréhender un autre regard sur les banlieues franciliennes et leur place dans l’imaginaire commun sera l’enjeu de cette soirée avec la réalisatrice Céline Sciamma et l’architecte-historien Kenny Cupers.




DÉPAYSEMENT : L'ESTHÉTIQUE DU PAYSAGE

Jean-Christophe Bailly / Ido Avissar

Samedi 11 mai 2019
18 heures, Auditorium, École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles
L'Ère industrielle : Métamorphoses du paysage, Éric Rohmer, 1964



Extrait du film L'Ère industrielle : Métamorphoses du paysage, Éric Rohmer, 1964


Suffit-il que l’on change de regard sur le paysage pour le transformer ? Dans son court-métrage L'Ère industrielle : Métamorphoses du paysage, Éric Rohmer porte un regard poétique sur le considéré laid et insignifiant, décelant le potentiel d’un territoire en pleine mutation. Le cinéma, l’écriture et l’architecture révèlent, orientent le regard sur l’environnement, l’urbain qui nous entoure lorsqu’ils ne construisent pas de nouvelles esthétiques. Jean-Christophe Bailly définit l’identité du territoire Français comme l’instantané mobile d’un pays. Il le retranscrit dans son livre Le dépaysement - Voyages en France, où le paysage, réalité tangible entre passé et présent, est constamment en métamorphoses au gré des regards et des représentations. Quelles sont les valeurs et les perspectives du dépaysement ? Quelle est la nature de ce changement de point de vue, subi ou induit ? Quelle attitude, quelle posture l’architecte doit-il avoir face à ces transformations ? Ido Avissar, architecte, fondateur de l’agence LIST et Jean-Christophe Bailly, écrivain, partageront leurs expériences du paysage lors de cette soirée inédite sur la poétique du dépaysement.




VILLE ET HÉRITAGE, CHANGEMENTS D’HORIZONS

Régis Sauder / Jean-Louis Violeau

Lundi 13 mai 2019
20 heures, Pavillon de l’Arsenal, Paris 4
Retour à Forbach, Régis Sauder, 2017



Extrait du film Retour à Forbach, Régis Sauder, 2017  © DOCKS66/Ana Films


Quelle est la place de l’utopie dans des villes qui subissent la crise ou comme le dit Jean-Louis Violeau ce “nouveau régime de vie en société” ? Forbach, commune du département de la Moselle est au coeur de cette interrogation. Elle fait d’ailleurs partie des 416 Zones de Redynamisation Urbaine (ZRU) planifiées par le gouvernement et répertoriées en France.

Dans son documentaire Retour à Forbach, Régis Sauder dresse un portrait poignant des habitants et des changements de la ville de son enfance. L’histoire de Forbach est façonnée par l’exploitation minière. Durant ces heures de gloire, l’industrie, facteur du développement urbain a mené à la création d’une communauté sociale forte. Dans les années 1990, la disparition de cette structure a plongé la ville dans la précarité économique. Le sentiment d’appartenance à une identité industrielle s’est peu à peu déplacé vers un communautarisme fondé sur les origines et les religions. Aujourd’hui, c’est davantage un sentiment de honte, de “hante” face à la condition de leur cadre de vie que les habitants ressentent. C’est donc un documentaire basé sur l’expérience personnelle du réalisateur qui sera la matière première d’un questionnement plus large sur le devenir des lieux en instabilité économique. Il ne fallait pas moins qu’un regard de sociologue pour parvenir à analyser la façon dont les hommes habitent ces lieux. Un projet urbain global peut-il redonner du sens dans l’édification d’une société nouvelle ? Quelle est la place du rêve et de l’utopie à Forbach ? Le temps d’une soirée, Régis Sauder et Jean-Louis Violeau, sociologue, croiseront leurs regards afin de proposer des pistes de réponses aux aménageurs que sont les architectes.




L'ÎLE DE L’UTOPIE A CERGY-PONTOISE

Guillaume Brac / Gilles Clément

Mercredi 15 mai 2019
20 heures, Pavillon de l’Arsenal, Paris 4
L'Île au trésor, Guillaume Brac, 2018



Extrait du film  L'Île au trésor, Guillaume Brac, 2018  © Les Films du Losange



Utopie à échelle humaine dans un parc paysager, la base de loisirs de Cergy-pontoise est un véritable poumon vert et un espace d’évasion au coeur d’une forte densité urbaine. Dans son film L’Île au trésor, Guillaume Brac cherche à extraire le genius loci de ce lieu, territoire rêvé considéré comme un grand jardin par ses occupants. Au sein de ce cadre dépaysant, un air de légèreté contrebalancé de gravité fait ressortir des questionnements universels sur le vivre ensemble, la différence, la liberté, les règles et leurs transgressions. Le paysage, son histoire et sa constitution ont une importance essentielle dans l’atmosphère du lieu.

Gilles Clément, jardinier, repense la relation du paysagiste avec l’espace du jardin qu’il considère comme un ensemble vivant, équilibré et cohérent. Il théorise sa pensée en trois concepts qu’il met en oeuvre dans son travail : le Jardin en Mouvement, le Jardin Planétaire et le Tiers-Paysage. Ces concepts ont bouleversé la conception des jardins et espaces paysagers. Au delà de la base de loisirs de Cergy-Pontoise, cette rencontre entre Guillaume Brac et Gilles Clément enrichira une discussion soucieuse de comprendre l’influence d’un contexte paysager exceptionnel ou ordinaire, dans le rapport entre les individus et la communauté. 




UNE INQUIÉTANTE ÉTRANGETÉ

Éric Lapierre / Filip Dujardin



Vendredi 17 mai 2019
20 heures, Pavillon de l’Arsenal, Paris 4
La Jetée, Chris Marker, 1962



Extrait du film La Jetée, Chris Marker 1962 © Tamasa Distribution



“Das unheimliche” - Freud. L’inquiétante étrangeté est un sentiment de confusion et d’inconnu ressenti alors que nous sommes face à l’ordinaire, à ce qui nous est depuis longtemps familier. La fiction, l’imagination et le réel s'entremêlent, nous rendant capable de reconnaître l’inconnu ou d’être surpris par le banal. Comment ce sentiment d’étrangeté se manifeste-il en architecture ? La Jetée, roman-photo de Chris Marker a influencé la conception architecturale d'Éric Lapierre comme la série photographique Fictions de Filip Dujardin influence aujourd’hui de nombreux architectes. Dans ces deux oeuvres où la fiction l’emporte pourtant sur le réel, la frontière entre rêve et réalité est difficilement cernable. Entre ordinaire et extraordinaire, fiction et documentaire, banal et surprenant, le sentiment d’étrangeté renverse les codes et s’émancipe des règles établies. Illustré par la fiction cinématographique et photographique, il est un levier pour édifier un nouveau rapport au réel et à l'architecture. 





PRÉMICES D’UNE CONSCIENCE ENVIRONNEMENTALE

Coline Serreau / Michel Hössler

Samedi 18 mai 2019
18 heures, Auditorium, École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles
La Belle Verte, Coline Serreau, 1996



Extrait du film La Belle Verte, Coline Serreau, 1996 © Tamasa Distribution


Alors qu’aujourd’hui la prise de conscience de l’urgence environnementale est une évidence,  Coline Serreau réalise dès 1996 La belle verte, un conte philosophique contemporain interrogeant les valeurs de notre société dans son rapport à la nature. Cette utopie inversée où la Terre est perçue comme un territoire inhabitable par les habitants de la Planète Verte, rejette les architectes car ils sont vus comme destructeurs de l’environnement. Vision forte et radicale, le paysage se distingue comme une condition nécessaire de l’existence humaine. Comment agir avec le paysage ? Comment nous influence-t-il ? Peut-il être dans le même temps un objet de désir et d’aspiration ?

Michel Hössler, associé fondateur de l’agence TER (Grand prix de l’urbanisme en 2018), place le paysage au coeur de la conception architecturale. Il définit la notion de territoire durable grâce à ses recherches sur l’association de ce dernier et de l’urbanité. Coline Serreau et Michel Hössler confronteront leurs regards de paysagiste et de réalisateur lors de cette soirée. Cette rencontre sera l’occasion d’engager une discussion sur la proposition d’une nouvelle éthique paysagère et urbaine, où la fiction rattrape bien souvent la réalité.



















































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les entrevues de l’architecture - 2018 - Paris